Parti Communiste Français, Fédération de Savoie
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Projet de fusion des deux départements de Savoie et Haute-Savoie


COMMUNIQUE DES DEUX FEDERATIONS DU PCF DE SAVOIE ET HAUTE-SAVOIE


Les deux Présidents des Conseils généraux de Savoie et Haute-savoie, Hervé Gaymard et Christian Monteil, envisagent de fusionner les deux départements de Savoie et Haute-Savoie dans l’idée de créer une mini région « Savoie Mont-Blanc ». Leur projet s’inscrit dans la volonté de Nicolas Sarkozy de remodeler les collectivités territoriales en supprimant à terme les départements. Or les départements ont montré leur utilité et les citoyens ont pu se saisir de cet « espace à visage humain » pour y exprimer leurs exigences sociales.

Les deux fédérations communistes de Savoie et Haute-Savoie constatent que le projet pose de graves questions qu’elles sont déterminées à porter sur la place publique pour que les citoyens savoyards s’en saisissent. En quoi la fusion des départements et la constitution d’un « super département » (Savoie et Haute-Savoie) serait-elle une avancée pour les populations ? En quoi leurs compétences (routes, collèges, aide sociale, etc.) seraient-elles mieux assurées par un seul « gros » département ? Un tel projet donnera-t-il plus de pouvoirs aux salariés pour s’opposer aux plans sociaux et aux licenciements ? Sera-t-il un point d’appui dans leur lutte pour l’emploi ? Permettra-t-il de contrer efficacement la politique de suppression de postes dans l’Education nationale, de fermeture de tribunaux, de bureaux de poste, de services publics ? Donnera-t-il plus de pouvoirs aux citoyens et à leurs représentants pour faire face à la puissance prédatrice des marchés financiers ? L’industrie sera-t-elle mieux défendue ? Le tourisme populaire sera-t-il enfin encouragé ?

Les promoteurs du projet de fusion entre les deux départements ne répondent pas à ces questions, et pour cause, ils sont partisans du libéralisme, et sont, par leurs choix politiques, aussi responsables de la crise actuelle que les autres élus de droite. Bien sûr, ils affirment que la fusion améliorera la proximité, mais ils soutiennent la politique gouvernementale visant à diminuer les moyens donnés aux collectivités territoriales, par exemple avec la suppression de la taxe professionnelle ! Comment peut-on améliorer la proximité en diminuant les moyens octroyés aux collectivités ? Comment peut-on prétendre résister aux marchés financiers en supprimant la structure dans laquelle les salariés se reconnaissent, le département ?

Certes, Nicolas Sarkozy (qui soutient le projet d’Hervé Gaymard et Christian Monteil) affirme qu’avec sa réforme des collectivités territoriales, l’Etat fera des économies. Mais comment parler d’une meilleure écoute des citoyens alors qu’il y aura moins d’élus ? Comment dire qu’une fusion de la Savoie et de la Haute-Savoie permettra de mieux répondre aux besoins des populations alors qu’il y aura moins de services publics et que les centres de décisions seront plus éloignés encore des citoyens ? Ainsi, la nécessité de conserver deux centres, Annecy et Chambéry, se partageant les responsabilités, compliquerait terriblement les démarches administratives des citoyens.

Alors, pourquoi Hervé Gaymard et Christian Monteil veulent-ils fusionner Savoie et Haute-Savoie à toute allure, « à la hussarde », sans vrai débat ? Est-ce parce que la région Rhône-Alpes est restée à gauche et que le conseil général de Savoie pourrait le redevenir ? En fusionnant les deux départements, la droite n’entend-elle pas « garder la main » sur les deux départements pour y privilégier notamment le seul tourisme de luxe ?

Pour les deux fédérations communistes du 73 et du 74, la fusion des deux départements de Savoie et Haute-Savoie ne ferait pas avancer la satisfaction des besoins des populations, que ce soit en termes de démocratie de proximité, de droits nouveaux pour les salariés, d’emploi, de réhabilitation des services publics, mais substituerait aux nécessaires coopérations et solidarités entre régions, au principe d’un Etat républicain régulateur, l’idée d’une Europe des régions concurrentes entre elles, et repliées sur elles-mêmes.

Oui, nous avons besoin d’une réforme des collectivités territoriales, mais avec plus de moyens, plus de services publics, et une élection à la proportionnelle. Le projet de fusion va à l’encontre de ces nécessités. C’est pourquoi les deux fédérations PCF du 73 et du 74 appellent les partis progressistes, les syndicats, les associations, les citoyens à poser publiquement les questions soulevées par le projet, à intervenir dans le débat, à constituer un grand front de défense de nos départements pour plus de démocratie, plus de pouvoirs aux élus, aux citoyens, aux salariés, plus de social, plus de progrès humain.